Traitement de acouphènes

Vivre avec de l’acouphène : Options de traitement

Les professionnels chez Advanced Hearing Aid Clinic sont d’avis qu’une compréhension approfondie de l’acouphène aidera les individus à explorer les différentes options de traitement, à développer de nouvelles habiletés d’adaptation et à voir le futur de manière plus positive. Rodney Taylor, Docteur en audiologie a complété sa certification postdoctorale avec spécialisation en acouphène et hyperacousie à l’Université Salus en 2014, sous la conduite de Richard Tyler, James Hall et Martin Pienkowski. Nos cliniques suivent tous les programmes de traitement Progressive Tinnitus Management (PTM). Ce programme de gestion d’acouphène avancé inclut la thérapie pour le problème d’acouphènes ainsi que l’accoutumance, et comprend une formation et consultation, et la gestion sonore. De plus, nous sommes équipés pour traiter les cas de phonophobie et autres troubles sonores.


Définir l’acouphène

L’acouphène dérive du latin et signifie « de titiller ou de sonner comme une cloche ». L’acouphène est la perception d’un son dans les oreilles ou dans la tête, en l’absence d’un stimulus acoustique extérieur. Plusieurs individus s’y réfèrent comme des bourdonnements ou des sifflements entendus dans une ou deux oreilles ou bien dans la tête. Autres sons décrits par une personne souffrante d’acouphène sont un grondement, une pulsation, un soufflement, un pépiement, un sifflement ou un son de clic. À vrai dire, plus de 50 descriptions de sons ont été signalées. La plus part des cas sont subjectifs, ce qui veut dire que seulement la personne qui souffre d’acouphène peut entendre le son. La perception d’acouphène est réel, mais le son externe correspondant à la perception de son du patient n’existe pas. C’est pour cette raison que l’acouphène est classé comme la perception auditive fantôme.

Par contre, il y a eu divers cas bien documentés d’acouphène objectif, où les sons peuvent réellement être entendu de l’oreille.

L’acouphène peut se produire dans une ou deux oreilles ou bien dans la tête en l’absence de toute source sonore dans le milieu environnant.  La plupart des individus qui cherchent de l’aide souffrent continuellement d’acouphène, 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Le sentiment de pression ou de douleur dans l’oreille peut accompagner l’acouphène. Les individus qui sont affectés plus sévèrement par l’acouphène peuvent trouver qu’il est difficile d’entendre, de travailler ou de dormir. Même si l’acouphène ne cause pas la perte auditive, l’acouphène peut affecter l’habileté de communication. Certains cas d’acouphènes peuvent entrainer l’hyperacousie ou une tolérance au son réduite. Pawel Jastreboff estime que 40% des individus qui souffrent d’acouphène, souffrent aussi d’hyperacousie. Des sons ordinaires peuvent être perçu comme inconfortablement fort. L’hyperacousie peut se produire sans l’acouphène. Autres symptômes peuvent accompagnés l’acouphène tels la pression dans les oreilles, le déséquilibre et des étourdissements. Plusieurs individus souffrent de l’acouphène, mais ne ressentent pas les autres symptômes. L’acouphène n’est pas une maladie. L’acouphène est un symptôme commun à des nombreux problèmes, autant physiologique que psychologique.

L’acouphène peut paraitre bénin durant la journée, mais plus apparente lors de situations plus calmes (pièce tranquille ou l’heure du coucher). Les activités de tous les jours et les sons environnants agissent comme distraction et peuvent masquer les bruits acouphéniques. L’acouphène peut être extrêmement fort au point que l’individu n’entend que cela.

La survenance et l’intensité de l’acouphène peuvent varier en fonction de certains facteurs tels le stresse, la diète et l’exposition au bruit. La sévérité de l’acouphène est reliée directement à la réaction et à la perception de l’individu face à l’acouphène. L’acouphène n’a pas reçu jusqu’à récemment l’attention nécessaire en clinique et en recherche. Nos cliniciens connaissent bien les origines neurophysiologiques de l’acouphène et de l’hyperacousie, en plus du traitement nécessaire pour ces troubles.


Prévalence

L’on estime que 25 millions américains souffre d’acouphène de façon continue. L’estimé de la prévalence d’acouphène varie considérablement de 7, 9 million (Adams et al. 1999) à 37 million américains (Noell et Meyerhoff, 2003). Pawel Jastreboff estime qu’approximativement 17% de la population mondiale souffre d’acouphène. De plus, il estime que l’acouphène affecte 33% des personnes âgées.

L’Association canadienne de l’acouphène estime que l’acouphène dérange 360 000 canadiens, et qu’approximativement 150 000 trouvent que l’acouphène altère la qualité de vie.

L’Académie canadienne d’audiologie estime que 10 à 15% des canadiens souffrent d’acouphène (approximativement 3 millions) avec 20% de ces individus qui cherchent de l’aide car l’acouphène est tellement grave que s’est débilitant (approximativement 600 000 individus). Fréquemment, un individu ressentira un bourdonnement bénin ou autres sons dans l’oreille. L’on estime que 10 à 15% des adultes


Les causes de l’acouphène 

L’acouphène peut être un symptôme d’une maladie reliée à plusieurs formes de pertes auditives ou il peut être présent sans perte auditive. L’acouphène n’est pas une maladie mais plutôt un symptôme pouvant résulter d’un certain nombre de troubles médicaux. L’acouphène peut résulter d’une perte auditive reliée à l’âge (la presbyacousie commence habituellement après l’âge de 55 ans), d’une blessure à l’oreille ou d’une condition physiologique.

L’acouphène a une origine physiologique ou biochimique. Il y a plusieurs causes fréquentes de l’acouphène notamment une accumulation de cire près de la membrane du tympan, une perte auditive, une exposition au bruit excessif (soit à répétition ou une seule exposition), un traumatisme à la tête ou au cou, un coup de fouet cervical, de grandes doses de médicaments ototoxiques tels que l’aspirine (plus de 200 médicaments ont l’acouphène à leur liste d’effets secondaires potentiels), des problèmes de cou ou de mâchoire ou bien tout type de stress physique ou émotionnel. Il existe d’autres causes moins fréquentes dont une tumeur bénigne au nerf vestibulaire (schwannome vestibulaire), une fusion des os de l’oreille moyenne ou bien d’autres problèmes de santé relativement rares. Le trouble des vaisseaux sanguins suivant POURRAIT causer l’acouphène pulsatile.

L’athérosclérose consiste en une grande accumulation de cholestérol et d’autres dépôts graisseux dans des vaisseaux sanguins importants près de votre oreille moyenne et interne. Les vaisseaux sanguins perdent de l’élasticité et donc leur souplesse et leur extension suite à chaque battement de coeur. Le débit sanguin devient alors sous forte pression et plus turbulent ce qui rend l’oreille plus sensible à la détection des battements de coeur. L’hypertension, y compris l’hypertenstion artérielle et les facteurs qui augmentent la pression artérielle tels que le stress, l’alcool et la caféine peuvent rendre l’acouphène plus perceptible. Un changement de position de la tête peut faire disparaître le son. Un rétrécissement de l’artère carotide ou de la veine jugulaire peut engendrer un débit sanguin turbulent et des bruits dans la tête. Une malformation des capillaires sanguins, aussi appellée malformation artério-veineuse, peut se produire dans les connections entre les artères et les veines ce qui peut causer de l’acouphène.

Les personnes ayant une ouïe normale peuvent également souffrir d’acouphènes. Avoir de l’acouphène ne signifie pas une perte auditive éventuelle.

Bien qu’il existe plusieurs théories sur la manière dont les sons dans les oreilles ou la tête sont produits, on ne comprend pas pleinement le processus exact. La théorie la plus acceptée dans les cas d’acouphènes avec perte auditive est une destruction de la cochlée. Plus précisément, une destruction des cellules ciliées externes. Plusieurs chercheurs sont d’avis que lorsque la structure des cellules ciliées s’affaisse, des stimulations des voies auditives apparaissent de manière aléatoire. Une étude plus récente de Martin Pienkowski démontre que l’acouphène serait le résultat d’un blocage de l’allumage spontané neuronal au niveau de la cochlée et du tronc cérébral. Tout le monde a une activité neuronale spontanée. Cependant, chez ceux ayant de l’acouphène, le “blocage” de cette activité rehausse le signal sonore.


Protégez votre ouïe des lésions

Dans le système auditif, des milliers de cellules auditives maintiennent une charge électrique. Des cils microscopiques forment une frange à la surface de chaque cellule auditive (les cellules ciliées externes-CCE et les cellules ciliées internes-CCI).

Lorsque sains, les cils au-dessus des cellules ciliées bougent sous la pression des ondes sonores se déplaçant via le liquide dans l’oreille interne. Les cellules ciliées internes et externes sont reliées au nerf auditif par la membrane basilaire. Selon le mouvement des liquides cochléaires dicté par la stimulation sonore, diverses fibres ciliées se mettent en mouvement. Les mouvements de ces cils amènent la cellule auditive à transmettre de l’électricité sur le nerf auditif qui est relié au centre auditif du cerveau. Le cerveau transforme ces signaux électriques en sons que nous reconnaissons et comprenons. Ces fibres ciliées sont ainsi essentielles à notre capacité à entendre.

Lorsque ces cellules ciliées sont endommagées, elles bougent continuellement dans un état d’irritation. Elles sont incapables de conserver leur charge et transmettent des impulsions électriques aléatoires au cerveau qui les interprète comme un son. Les nerfs qui transportent les impulsions au cerveau se situent près de la base des cellules ciliées mais ne sont pas tout à fait intégrés à la membrane basilaire. 90% des nerfs dérivent des cellules ciliées internes (malgré le fait qu’elles soient en plus petit nombre). Il y a environ 10 terminaisons nerveuses rattachées à chaque cellule ciliée interne ce qui résulte à environ 30 000 fibres nerveuses qui transmettent les équivalents électriques des ondes sonores au cerveau.


Les traitements contre l’acouphène: les premières étapes

La première étape dans la recherche d’aide

Puisque l’acouphène est un symptôme, la première étape à suivre pour en arriver à une forme de résolution consiste à tenter de déterminer ou de diagnostiquer la cause sous-jacente. Un examen médical global pourrait permettre d’éliminer certains facteurs de cause en lien avec la pression artérielle, le fonctionnement des reins, la prise de médicaments, l’alimentation et les allergies. Malheureusement, on ne peut pas souvent identifier la cause de l’acouphène donc dans certains cas, l’acouphène en lui-même doit être soigné.

Nos docteurs en audiologie ont suivi une formation de niveau supérieur en acouphènes et en traitement des acouphènes. Rodney Taylor, docteur en audiologie, a complété une spécialité post doctorale en acouphènes et en hyperacousie en 2014. Les patients peuvent appeler et prendre un rendez-vous pour une évaluation globale de l’acouphène. Nous aurons besoin d’une liste complète des médicaments pris actuellement et dans le passé et d’une description détaillée des acouphènes notamment du moment où ça se produit et ce qui semble les aggraver.

Avant la venue de la thérapie de réadaptation de l’acouphène et de la thérapie par accoutumance de l’acouphène, la plupart des professionnels de la santé disaient aux patients « d’apprendre à vivre avec cela » et « il n’y a rien que nous puissions faire ». Nous savons maintenant que davantage peut être fait pour comprendre l’acouphène et agir.

Les traitements contre l’acouphène permettent de retrouver une vie comme avant l’acouphène.

Qu’est-ce que nos tests impliquent?

Nos cliniques offrent certains des protocoles les plus complets au Canada dans l’évaluation des acouphènes. Nos audiologistes procèderont à un examen otoscopique de vos conduits auditifs afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’accumulation de cire ou de débris dans les conduits auditifs.

Le premier test consiste en un test du son pur afin de déterminer s’il y a perte auditive. L’intensité et la fréquence de l’acouphène seront également mesurées de la manière la plus précise possible.

Un de nos audiologistes procèdera aussi à des tests d’inhibition résiduelle afin de tenter de déterminer quel traitement vous conviendrait le mieux. Nous procèderons à l’évaluation du système de votre oreille moyenne pour s’assurer du bon fonctionnement de vos tympans et de la chaîne des osselets de l’oreille moyenne. Notre test le plus valable est sans doute celui d’otoémission acoustique. Il permettra d’évaluer l’intégrité de la cochlée (évaluation du fonctionnement des cellules ciliées externes) puisque les dommages à la cochlée peuvent typiquement être détectés avant que l’on détecte une perte auditive à l’aide d’un test conventionnel.

Un test des potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral peut être réalisé afin d’éliminer la possibilité de tumeurs au nerf vestibulaire ou d’anomalies dans cette partie du système auditif.

Généralement, lorsqu’une évaluation globale a été réalisée, la plupart des individus souffrant d’acouphènes se sentent rassurés et trouvent cela plus facile de s’ajuster et de s’adapter à l’acouphène. Les personnes avec un achouphène léger ou qui dure depuis longtemps et n’affectant pas leur qualité de vie n’ont habituellement pas besoin d’intervention ou de traitement. La plupart ont simplement besoin que l’on confirme qu’ils ne souffrent pas d’une maladie rare, d’un désordre cérébral majeur et qu’ils ne sont pas en train de devenir malentendants. Dans ces cas, les gens trouvent habituellement qu’ils peuvent bien vivre avec leur acouphène ou qu’ils peuvent facilement l’ignorer.

Parfois, d’autres méthodes de traitement sont nécessaires.

Ce ne sont pas tous les audiologistes canadiens qui ont une formation en traitement de l’acouphène et de l’hyperacousie ou connaissent les interventions thérapeutiques récentes. Plus récemment, les établissements d’enseignement en audiologie ont réalisé l’importance de la prévalence de l’acouphène et de l’hyperacousie et ont adopté une formation minimale dans ce domaine.


Vivre avec l’acouphène

Il est possible que l’acouphène ou notre réaction face à celui-ci s’améliore avec le temps. Cette améloration n’est pas le résultat de changements physiques puisque les dommages à l’appareil auditif ayant été mesurés sont habituellement permanents et irréversibles. Plusieurs personnes essaient plutôt de s’ajuster afin de diminuer les symptômes de l’acouphène. Il existe une panoplie de techniques qui pourraient réduire la sévérité de l’acouphène en augmentant votre niveau de tolérance notamment:

Évitez les irritants probables.

Les acouphènes peuvent être aggravés par le bruit excessif, la nicotine, la caféine, l’eau tonique qui contient de la quinine ou les doses excessives d’aspirine. La nicotine et la caféine serrent les vaisseaux sanguins ce qui fait augmenter la vitesse du débit sanguin dans les veines et les artères. L’alcool augmente la force du sang en dilatant les vaisseaux sanguins ce qui cause un plus grand débit sanguin, particulièrement dans l’oreille interne.

Si vous travaillez dans le bruit ou prenez part à des activités récréatives bruyantes, portez des protecteurs d’oreilles efficaces. La perte auditive par le bruit peut se produire suite à une seule exposition à un son fort ou à une exposition répétée à de forts bruits durant une période de temps plus longue. Personne ne peut « endurcir » son ouïe en écoutant de forts bruits de manière répétitive. Les effets des forts bruits peuvent exacerber les acouphènes en plus de créer des dommages à l’ouïe. Apprenez à protéger votre ouïe face aux situations négatives pour l’ouïe. La nature stressante de certains emplois peut contribuer aux acouphènes, augmenter la sévérité d’acouphène existant, augmenter la réaction de la personne face à la sévérité de l’acouphène et entraver aux mécanismes de gestion. Nos audiologistes seront heureux de discuter des choix de protection adaptée aux niveaux de bruits auxquels vous êtes exposés.

Comme vous pouvez voir ci-bas, il existe une grande variété de protection auditive polyvalente ou sur mesure pouvant être appropriée.

Masquez partiellement lacouphène.

Dans un environement silencieux tel que la chambre à coucher la nuit, l’utilisation d’un générateur de bruits peut être bénéfique. Les générateurs de bruits sont recommandés dans la thérapie de réadaptation de l’acouphène et la thérapie par accoutumance de l’acouphène. Le générateur de bruits crée un bruit calmant de vagues déferlantes, de cascade d’eau ou d’averse de pluie qui devrait être utilisé à un niveau juste en dessous du niveau de l’acouphène.

Portez une prothèse auditive.

Si l’acouphène est accompagné d’une perte auditive, les prothèses auditives sont une façon efficace de gérer l’acouphène chez une petite partie de patients. Les prothèses auditives amplifient les autres sons ce qui détourne l’attention des acouphènes. Les prothèses auditives sont utilisées dans la thérapie par accoutumance de l’acouphène.

Gérez votre stress.

Le stress peut exacerber les niveaux d’acouphènes. Apprendre des techniques de relaxation peut vous aider si l’acouphène vous dérange.

La gestion du stress (thérapie par la relaxation, rétroaction biologique, etc.) peut vous soulager. Nous pouvons vous fournir une liste de psychologues qui s’occupent de techniques de gestion du stress et ou de dépression. La thérapie cognitivo-comportementale est également efficace pour ceux qui souffrent des effets délétères de l’acouphène et de l’hyperacousie.

La respiration profonde, l’hypnose, la rétroaction biologique, la relaxation systématique, le massage thérapeutique, le yoga et certaines formes d’exercice physique comme la natation ou la marche peuvent réduire la tension, stimuler les endorphines et améliorer le sommeil.

La thérapie de réadaptation de l’acouphène/la thérapie par accoutumance de l’acouphène.

Avec une bonne combinaison de thérapie et de générateurs de bruits, la gestion des acouphènes peut être très efficace. Dans la réadaptation auditive, on utilise des générateurs de sons qui sont fixés à un niveau plus bas que l’intensité de l’acouphène (juste audibles et qui ne masquent pas l’acouphène). Lorsqu’on l’utilise sur une longue période de temps, cela induit une accoutumance subconsciente donc l’acouphène n’est plus perçu comme une présence intrusive ou dérangeante. Cette méthode est également efficace dans la réduction de l’hyeracousie ou de la sensibilité aux sons. Dans certains cas, masquer l’acouphène peut être efficace.


Nos audiologistes sont formés pour vous aider à apprendre à vivre avec votre acouphène, explorer des options de traitement/diminution durables ou vous procurer les ressources appropriées.

Les approches alternatives (la naturopathie, l’acupuncture, les suppléments de vitamines et minéraux) se sont avérés d’une utilité limitée dans le traitement ou la diminution de l’acouphène. En fait, il n’y a aucune étude scientifique à ce jour ayant montré une efficacité à long terme dans la réduction de l’acouphène employant les approches alternatives mentionnées ci-haut.